À Paris dans chaque faubourg

René Clair / Maurice Jaubert
Analyse littéraire
Le « soleil de chaque journée » qui fait « éclore un rêve d'amour » donne d'emblée le mouvement du texte : quelque chose naît, s'ouvre, sous l'effet d'une lumière ordinaire. La répétition obstinée de « tout est couleur de » — printemps, amour, nuit — revient comme une variation sur le même accord et dit comment l'état amoureux teinte tout ce qu'il touche. La troisième strophe introduit une ombre : « des jours heureux, ils ne restent trace », et ce passé qui s'efface aurait pu virer à la mélancolie, mais le texte le retourne aussitôt avec « l'avenir efface le passé quand l'espoir luit » — la perte n'est pas un deuil, c'est presque une faveur faite à la jeunesse. Le cadre des faubourgs n'est pas décoratif : en ancrant le rêve amoureux dans ces quartiers-là plutôt que dans un Paris de carte postale, le texte place l'émotion là où elle surgit vraiment, dans le quotidien de n'importe quelle « âme de vingt ans ».
Strophe 1
À Paris, dans chaque faubourg
Le soleil de chaque journée
Fait en quelques destinées
Éclore un rêve d′amour
Parmi la foule, un amour se pose
Sur une âme de 20 ans
Pour elle, tout se métamorphose
Tout est couleur de printemps
Strophe 2
À Paris, quand le jour se lève
À Paris, dans chaque faubourg
À 20 ans, on fait des rêves
Tout est couleur d'amour
À Paris, dans chaque faubourg
Quand la nuit rêveuse est venue
À toute heure, une âme émue
Évoque un rêve d′amour
Strophe 3
Des jours heureux, ils ne restent trace
Tout est couleur de la nuit
Mais à 20 an, l'avenir efface
Le passé quand l'espoir luit
Strophe 4
À Paris, dès la nuit venue
À Paris, dans chaque faubourg
À toute heure, une âme émue
Rêve encore à l′amour
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