Analyse littéraire
Le mot « pizzicato » est la clé de voûte de la chanson : en nommant ainsi le clapotis des flaques, Brassens hausse le bruit de la pluie au rang d'instrument, et c'est cette élévation musicale qui autorise le mot « romance » dans le titre. Le « flic-flac », le « clapotis », le « tic-tac » du cœur et le « duo » final ne sont pas de simples onomatopées décoratives — ils forment une progression sonore qui unit littéralement le temps qu'il fait au temps qui passe dans la mémoire amoureuse. La référence à « un air d'Offenbach », compositeur connu pour sa légèreté et son goût du pittoresque, confirme que le registre assumé est celui de la fantaisie tendre, sans aucune prétention au lyrisme grave. C'est d'ailleurs l'argument botanique du troisième couplet — la pluie fait fleurir la rose, « donc » elle fait épanouir l'amour — qui révèle le ton réel de la chanson : Brassens y joue délibérément la fausse naïveté du syllogisme, avec la désinvolture d'un homme qui sait très bien qu'il charme plus qu'il ne démontre.
Strophe 1
J'adore entendre le gai flic-flac,
Le son joyeux de la goutte d'eau
Qui tombe et qui claqu',
Ce clapotis qu'en pizzicato
Font les petit's flaqu's,
C'est la romance de la pluie...
Strophe 2
Si quand il pleut mon cour fait tic-tac,
C'est que le jour où je t'ai connu
L'eau tombait en vrac
Aussi depuis j'ai mieux retenu
Qu'un air d'Offenbach
Cette romance de la pluie...
Strophe 3
Quand elle nous arrose
La rose fleurit
Donc, moi je suppose
Qu'elle fait s'épanouir notre amour aussi
Strophe 4
Voilà pourquoi j'aime le flic-clac
Le son joyeux de la goutte d'eau
Qui tombe et qui claqu'
Puisque mon cour fait comme un duo
Avec le tic-tac
De la romance de la pluie...