Les P.A.F.S.

Analyse littéraire
Le refrain « C'est nous les P.A.F.S. » revient après chaque couplet comme une ponctuation ironique, transformant ce qui pourrait être un cri de fierté collective en constat d'appartenance à une troupe de dupes. La mécanique est implacable : chaque promesse officielle — « se remplir le bide », « gagner des fortunes » — est aussitôt démentie par son contraire exact, et le « plus rigolo » qui introduit le renversement dit bien qu'on rit, mais jaune. La naïveté des croyants est pointée dès le deuxième couplet — « y a des cons qui l'pensent » — sans que le narrateur s'en excepte vraiment : lui aussi est là, parmi les P.A.F.S. La chute sur « fermer nos gueules » ne sonne pas comme une leçon de résistance, mais comme la lucidité amère de quelqu'un qui a compris les règles du jeu et choisit, faute de mieux, de ne pas y laisser sa tête — « passer à la meule » évoquant l'image brute d'un engrenage qui broie.
Strophe 1
C'est nous les P.A.F.S.,
Les jeunes philanthropes (bis)
Qui sommes venus ici
Faire la nouvelle Europe
C'est nous les P.A.F.S. (bis)
Strophe 2
On nous a dit
Que c'était pour la France, (bis)
Et le plus rigolo,
C'est qu'y a des cons qui l'pensent.
C'est nous les P.A.F.S. (bis)
Strophe 3
On nous a dit
Qu'on s'remplirait le bide, (bis)
Et le plus rigolo,
C'est qu'au contraire y s'vide
C'est nous les P.A.F.S. (bis)
Strophe 4
On nous a dit
Qu'on gagn'rait des fortunes (bis)
Et le plus rigolo,
C'est qu'on gagne pas une thune
C'est nous les P.A.F.S. (bis)
Strophe 5
Et pour ne pas
Qu'on nous passe à la meule, (bis)
Sachons fermer à temps,
Sachons fermer nos gueules.
C'est nous les P.A.F.S. (bis)
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