On n'a pas besoin de la lune

André Hornez / Paul Misraki
Analyse littéraire
Le refrain énumère tout ce dont l'amour se passe volontiers : la lune, le vent, les sources, le ciel bleu. Ce catalogue de décors idylliques n'est pas convoqué pour être célébré, mais pour être congédié. La chanson pose ainsi son plaisir principal : faire tenir la même satisfaction dans le prosaïque que dans le sublime, et le prouver par l'exemple. Car la rencontre, racontée avec une délectation presque espiègle, n'a rien de romanesque : elle a eu lieu « sous un parapluie Place Clichy », et non « sous le ciel de la Provence » – l'antithèse est dans le texte lui-même, explicite, assumée, et drôle. Brassens n'a pas besoin de grands effets pour dire que le regard échangé – « les yeux dans les yeux » – vaut bien tous les paysages du monde.
Strophe 1
On n'a pas besoin de la lune
Quand on est vraiment amoureux
Pas besoin de vent sur la lune
Ni de sources ni de ciel bleu
Du moment qu'on aime sa brune
Ça suffit pour qu'on soit heureux
Les yeux dans les yeux et le coeur joyeux
On oublie la terre et les cieux
Quel bonheur quelle joie quelle chance m'a donné la vie
La première fois que je vis celle qui est mon amie
Nous avons fait connaissance son jardin fleuri
Et pas sous le ciel de la Provence
Mais sous un parapluie Place Clichy
On n'a pas besoin de la lune
Quand on est vraiment amoureux
Pas besoin de vent sur la lune
Ni de sources ni de ciel bleu
Du moment qu'on aime sa brune
Ça suffit pour qu'on soit heureux
Les yeux dans les yeux et le coeœur joyeux
On oublie la terre et les cieux
On n'a pas besoin de la lune
Quand on est vraiment amoureux
← Retour