Analyse littéraire
Le refrain revient deux fois, avec ses chiens qui aboient, ses tambours et ses clairons : Brassens installe d'emblée une ambiance de fête de village un peu cacophonique, bon enfant et légèrement absurde. Ce qui fait sourire, c'est le contraste entre les noms prestigieux cités en passant — « Mozart ou Wagner » — et le spectacle qu'on a sous les yeux : un fils de percepteur en sueur sur son ophicléide, un notaire qui ajuste son lorgnon avant d'empoigner son trombone. Ces deux figures d'autorité provinciale, le percepteur et le notaire, sont choisies avec soin : ce sont précisément ceux qu'on imagine le plus raides, le plus coincés dans leur dignité, et Brassens les montre en train de souffler dans des cuivres avec une application touchante de ridicule. Le « pas besoin de billet » n'est pas une déclaration politique, c'est simplement la note juste qui résume l'atmosphère : tout ça se passe dehors, gratis, entre voisins, et les chiens du quartier en font autant partie que l'orphéon.
Strophe 1
Ce qu'on peut rigoler
Par les beaux soirs d'été
Sous le kiosque à musique
On entend l'orphéon
Les tambours les clairons
La fanfare et la clique
Pas besoin de billet
Pour entendre aboyer
Tous les chiens du quartier
Et dans tous les concerts
On joue Mozart ou Wagner
Où sous le kiosque en plein air
Avec un air timide
Le fils du percepteur
Joue de l'ophicléide
Il en est tout en sueur
Le notaire en personne
Ajustant son lorgnon
Prend son bigophone et son vieux trombone
Et joue l'air des lampions
Ce qu'on peut rigoler
Par les beaux soirs d'été
Sous le kiosque à musique
On entend l'orphéon
Les tambours les clairons
La fanfare et la clique
Pas besoin de billet
Pour entendre aboyer
Tous les chiens du quartier
Et dans tous les concerts
On joue Mozart ou Wagner
Où sous le kiosque en plein air
Où sous le kiosque en plein air